Une sensibilité des Jeunes Socialistes

Restez informé !

Les Nouveaux Partisans sur Facebook

Calendrier

mai 2013
L Ma Me J V S D
« avr    
 12345
6789101112
13141516171819
20212223242526
2728293031  

Vive la République !

En 1931, à l’adresse du peuple espagnol pris dans les tourments d’une crise économique, politique et morale, le Docteur Ortega lança « Votre Etat n’est plus ! Reconstruisez-le ! ». Le 14 avril de la même année, la IInde République espagnole était proclamée. Au quatre-vingt-et-deuxième anniversaire de cette proclamation, le peuple espagnol est plongé dans une résonnance sans pareil avec son Histoire. Une profonde crise économique et sociale est accompagnée par une tout aussi profonde crise politique et morale, sabordant progressivement la légitimité de tout l’Etat, de la Couronne aux institutions parlementaires.

Bien que l’Espagne ne soit évidemment pas épargnée par des mouvements de tentations nationalistes, réactionnaires voir même fascisantes, un renouveau du mouvement républicain se dessine. Depuis les indignados jusque dans les syndicats et dans les partis politiques, en passant par la société civile, les trois couleurs, sang, or et violette, refont surface comme étendard de l’aspiration à une société nouvelle, faite de liberté, d’égalité et de fraternité.

Au-delà de l’Espagne, où règne encore une dynastie, c’est aussi en France et partout en Europe qu’une aspiration fondamentalement républicaine alimentera la réaffirmation du projet de société progressiste face à la multiplication des scepticismes désenchantés, du repli sur soi, ou, pire encore, à la fondation des derniers espoirs sur l’attente en un sauveur.

Si citer Gramsci est un marronnier dans les organisations de jeunesse militante de gauche, l’interpellation sur le sens simple et profond de ses mises en garde est malheureusement noyée dans les effets de manche. Pourtant, lorsque l’auteur italien prévient que c’est dans les aurores que naissent les monstres, il y pointe singulièrement le sens de nos propres regards. Un monstre, c’est quelque chose que l’on regarde, et c’est par notre regard qu’il est monstre. Un monstre, c’est quelque chose qui se manifeste à nous et obnubile notre vue, au point de nous aveugler sur tout le reste. Les sauveurs sont des monstres. Qu’ils se jettent à nous par eux-mêmes où qu’ils nous soient jetés par d’autres, ils appellent tous à ce que nous placions notre destin entre leurs mains. Ils obtiennent de nous la délégation la plus totale de nous diriger vers l’avenir. « Ni dieux, ni césars, ni tribuns » dit, à bon entendeur, l’hymne international.

La République, même si comme toute idée et tout outil elle peut être dévoyée, est par essence l’affirmation qu’il n’y a pas de sauveurs. Elle est ni plus ni moins que l’affaire de tous, donc par définition, pas celle d’un seul. Elle peut se limiter au champ politique, elle peut s’adosser à une Nation. Mais elle peut aussi être l’union de tous les peuples. Elle peut être sociale, économique, et s’appliquer à la création des richesses et à leurs répartition. Elle est l’outil que se donnent les peuples pour maîtriser leur destin ; elle est la marche permanente qui unit les hommes dans une même édification. Sa vocation est universelle.

L’anniversaire de la proclamation de la Seconde République espagnole est l’occasion d’affirmer que c’est dans toute l’Europe – et même au-delà – que le projet républicain est celui qui, par excellence, s’oppose au risque réactionnaire. C’est une conviction nécessaire à la gauche de gouvernement pour la guider dans le vacarme et la houle de la crise.

C’est son nom que l’on devine lorsque nos concitoyens expriment leur attachement au service public et à la sécurité sociale. C’est son bras que les travailleurs appellent lorsqu’ils demandent l’intervention de l’Etat. C’est sa voie que l’on poursuit lorsqu’on espère et construit plus de régulations internationales et plus de justice. La République.

La crise globale dans laquelle nous avons plongé fait peser de lourds risques d’égarements économiques, sociaux, culturels et politiques. Si nous sommes convaincus qu’il n’y pas de solutions justes et viables dans aucuns reculs ni replis, alors nous devons nous remettre à l’ouvrage de la République universelle, et écrire dans son geste les nouvelles étapes du progrès social. L’Islande, à sa manière, l’a entamée. A quand les socialistes et socio-démocrates du continent refixeront-ils leur cap vers elle ?

Nouveaux Partisans, cette boussole nous accompagne depuis nos premiers pas.

« Donnez du pain aux hommes, et ils se battront.
Donnez-leurs une cité à bâtir, et ils deviendront frères. »

[Jean Jaurès]

Les Nouveaux Partisans sur Facebook Laisser un commentaire

Manifestation nationaliste : autre poids, autre mesure ?

Les jeunesses nationalistes ont décidé d’organiser un défilé samedi 29 septembre à Paris en
réponse aux manifestations de croyants musulmans de la semaine passée.

Sur la forme, nous sommes perplexes quant à la différence de traitement des événements par
les médias et de leur instrumentalisation. Les manifestations de la semaine passée ont fait
l’objet d’un traitement médiatique insistant et ont pour la plupart été interdites au nom du
maintien de l’ordre public.

La manifestation nationaliste n’a pas été à ce jour interdite par la préfecture de police
parisienne alors même que ce groupuscule est connu pour ses provocations, ses actions
musclées et ses contrevenances à l’ordre public (occupation de la gare de Lyon Part Dieu en
juin dernier).

Les jeunesses nationalistes véhiculent un message de haine à l’égard d’une partie de la
population et ne revient pas sur leur proximité avec l’idéologie nazie. Par ailleurs, plusieurs
de ses membres sont connus des services de police pour des actes et des faits de violence.
De nombreuses personnalités de l’extrême droite nationaliste devraient prendre part à la
manifestation.
La République ne saurait tolérer qu’un groupuscule ouvertement islamophobe, antisémite
et raciste puisse propager publiquement sa haine, ses théories nauséabondes et ses idéaux
antirépublicains.

Dans un contexte de crise, nous appelons les forces progressistes à la vigilance contre les
polémiques récentes, ingrédients réunis sur un terreau trop propice à la réaction.

Les Nouveaux Partisans sur Facebook Laisser un commentaire

Les manifestations au cœur de Paris de « jeunes de banlieue » : Une lecture anéantissant les enjeux sociaux sous jacents.

L’image de ces jeunes de banlieues investissant la place de la concorde a affolé. Dans ce quartier Bourgeois, qui concentre la richesse une sorte de « ghetto du gotha » s’est retrouvées, jour de la journée nationale du patrimoine, une bonne centaines de jeunes devant l’ambassade américaine pour manifester au nom de la défense de l’Islam.

La réactivation de la peur des extrémistes musulmans renait de manière virulente. Des émissions spéciales voient le jour, les politiques sont interrogés à ce sujet, la sortie de Charlie Hebdo rajoute du contenu factuel, alimentant les rédactions d’un bon vieux marronnier désormais connu, l’Islam contre la liberté d’expression. Dans le même temps, les représentants du culte musulman prennent la parole pour condamner les jeunes et défendre la liberté d’expression, qui n’est ici pas vraiment le sujet.

Car ce qui se joue vraiment dans cet épisode est une nouvelles fois une négation de processus sociaux pourtant visibles et connus. Il faut, en effet, saisir que la force des images de cette manifestation était principalement une rupture de l’ordre symbolique dominant. Ces jeunes portant sur eux l’habitus des zones géographiques reléguées manifestant un message politique en plein cœur du 8ème arrondissement de Paris paraissait incroyable, hors de l’entendement. Nous disons message politique, car au travers du religieux, il traduit un mal être social profond. L’analyse des faits a montré que beaucoup de ces jeunes ne sont pas de fervents musulmans pratiquants mais ont plutôt baigné dans la culture musulmane. En défendant le prophète, ils tentent maladroitement de donner du contenu politique à leur mal être. Maladroitement car ne répondant en aucun cas au processus de mobilisation politique légitime, tant sur le fond que sur la forme. Sur le fond, dans une république laïque faire passer un message politique au travers du religieux ne peut fonctionner, et sur la forme ne pas déclarer une manifestation, la rend de fait illégitime. On comprend ainsi que ce mouvement assez spontané, perd sa portée politique et son traitement ne se fait d’ailleurs jamais sous cet angle.

Pour autant, il n’en est pas moins l’expression d’un mal être social que nous connaissons depuis des années et qui va trouver sa réponse politique au travers de l’Islam, cette fois ci. En effet, il semble que la relégation de certaines zones géographiques, dans lesquelles la république a perdu pied, entraine des réponses politiques qui ne peuvent donc intégrer les codes républicains nécessaires à la participation politique. C’est en perdant de son universalité, et sa visée de déploiement territorial égalitaire qu’elle favorise un communautarisme politique nocif. Le cercle vicieux se referme puisque n’intégrant pas les codes nécessaires à l’expression politique, le message politique en devient inexistant, renforçant ainsi les lectures les plus éloignées de la participation légitime. La mobilisation du religieux n’est pas un fait anodin, il provient, il nous semble d’un double phénomène. Tout d’abord, la tentative dans certaines zones reléguées et abandonnées de la république de trouver un ordre social annexe, alternatif à l’ordre républicain disparu, se fait jour. Mais aussi, ces zones regroupant souvent des français issus de la dernière vague d’immigration maghrébine, vont être impacter par les développements politiques de ces pays. Or on observe que la construction du contenu de l’Islam politique est aujourd’hui au cœur, dans le Maghreb et le Moyen-Orient, des conflits politiques et des mobilisations sociales.

Ainsi nous ne souhaitons pas défendre les moyens politiques utilisés, mais montrer que le message est bel et bien social et donc politique. Le message sous-jacent est celui de la réalité d’une inégalité sociale de plus en plus forte, produit par un régime économique et politique particulier. Réintroduire la république est donc un enjeu majeur afin de permettre au mal être social de se réduire, et de trouver son expression dans le cadre légitime qu’est celui de la république.

Les Nouveaux Partisans sur Facebook Laisser un commentaire

La réduction d’un mouvement social en un mouvement communautaire.

Il est parfois étonnant de regarder, d’observer la manière dont un cadre communicationnel s’impose au sein des secteurs politiques et journalistiques.

La lecture de ce qui se joue actuellement dans les pays dits « musulmans », autour des manifestations contre les institutions américaines est d’un vide abyssale. Une fois de plus la réduction opérée est dure à avaler. Un film, en tant que tel, ne provoque jamais de mobilisation politique sans qu’il y ait au préalable nombre d’enjeux et de conflits sous-jacents.

Les enjeux qui traversent les sociétés du Moyen-Orient et du Maghreb sont fortement corrélés à la situation d’incertitude politique, économique, sociale qui suit cette période d’instabilité politique. Dans cette période se joue la construction d’une « logique » des évènements passés, c’est la confrontation de ces lectures diverses qui nouent les processus sous-jacents au fondement de la représentation politique. Ainsi, le monde arabe, traversé par ces propres antagonismes sociaux entre sunnites et chiite autour, notamment, du conflit de légitimité à parler au nom de l’Islam est donc réactivé. A chaque période d’incertitude politique la réactivation de ce conflit se fait jour et agit comme processus de mobilisation sociale, il n’est donc pas étonnant que dans la période actuelle on puisse observer, une fois de plus, ce conflit. Un Iran isolé, son allié Syrien en difficulté, réactive donc ce clivage pour imposer sa légitimité à parler au nom de l’Islam et de la Houma (communauté des musulmans). Le but est donc, dans une période ou l’Islam politique est en mutation de peser sur sa définition afin de recouvrir une force géopolitique et une assise dans le Moyen-Orient. Il faut comprendre l’Islam politique comme la construction d’une alternative politique au capitalisme et au communisme, une forme de 3ème voie activant les ressorts sociaux des pays arabes. Dans ce cadre, les exactions commises contre les ambassades américaines sont le fait de ceux ayant la lecture la plus extrémiste de l’Islam politique, entité politique multiple, traversée de conflits et de luttes. Affirmé que l’Islam politique est défini et forme un bloc est d’une bêtise sans nom.

La mise en place de la Charia en Libye, la victoire des frères musulmans en Égypte, ou celui du gouvernement tunisien, offrent une vision de l’Islam politique bien différente et multiple selon les zones géographiques et les contextes politiques. Ce qui uni ces mouvements est une tentative de retranscription politique d’enjeux sociaux particulièrement forts. Le modèle libéral, globalisé de l’économie international n’a permis que partiellement à ces pays de connaître un essors, permettant un développement social plus égalitaire. La pauvreté, les inégalités, débouchent toujours sur une lecture de ses conditions, à partir desquelles vont se jouer les antagonismes politiques. Ainsi dans le fait de manifester, ou de ne pas manifester, de manifester dans le calme ou dans la violence, se joue des processus politiques et sociaux particulièrement forts.

Ainsi une fois de plus nous réduisons des mouvements sociaux et politiques à une démarche communautaire. Si le cadre de justification qui s’impose est celui de l’Islam politique, alors oui, les enjeux autour de la parole du prophète et de l’image qui en est véhiculée ou la lecture du Coran sont des enjeux politiques, car ils traversent les différents segments sociaux de ces sociétés. Le social s’exprime différemment en fonction des lieux, des contextes, mais il part toujours d’une objectivation de la réalité, vécu comme insoutenable. Ne pas prendre en compte cela, c’est exonérer un système monde injuste et d’une violence symbolique d’une force inouïe.

Les Nouveaux Partisans sur Facebook Laisser un commentaire

Démenti des Nouveaux Partisans : il n’y a pas de fusion.

C’est avec étonnement certains que les nouveaux partisans et leurs instances internes ont appris aujourd’hui leur fusion avec la sensibilité JUSTICE, manifestement dans l’optique de la naissance d’une nouvelle sensibilité.
S’il est évident que quelques anciens membres des nouveaux partisans ont voulu rejoindre une nouvelle démarche, nous tenons à rappeler qu’ils n’agissent qu’en leur liberté et noms propres et n’engagent en rien leur sensibilité d’origine.
Afin d’éviter de se retrouver face à une situation ridicule, nous conseillons les animateurs et responsables des autres sensibilités de se bien renseigner sur la fiabilité de leurs interlocuteurs avant de s’exprimer publiquement.
Ceci étant, nous saluerons la fondation d’une nouvelle sensibilité et aurons hâte de la trouver aux côtés de ceux qui œuvrent au quotidien pour l’avancée du camp du progrès social.

Le Bureau et le Collectif National des Nouveaux Partisans.

Les Nouveaux Partisans sur Facebook Laisser un commentaire